TOURING PEDESTRE ANNECIEN
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Comptes rendus formation interne

 

 

PRATIQUE DE L'ORIENTATION EN MILIEU ENNEIGÉ
du  samedi  25  février  2006

Opération  cap  au  70  degrés
 


Randonnée de niveau P2 T2  en zone boisée et d'alpages.

 

Photographies : Michel et Janic.

 

René  propose aux animateurs et au adhérents qui ont déjà suivi le stage initiation à l'animation et orientation du Cdrp 74, une journée de pratique et de perfectionnement de l'orientation en milieu enneigé.
 

Il est nécessaire de savoir lire une carte IGN.
 

Se munir du matériel suivant :
              _  boussole
              _  altimètre
              _  carte IGN 3531 OT Megève Col des Aravis

                  au 1/25 000 ème avec un porte-carte.
              _  casse-croûte et équipement

                  pour une randonnée hivernale en milieu enneigé.

Prévenir René.

Le rendez-vous pour les voitures est :  place des Romains ouest à 8 h 00.

 

6 participants : René, Janic, Michel F. , Aline, Pierre L. , Bruno.
 

Départ de la randonnée : parking de La  Croix  Fry.
 

Pierre assure le transport du groupe avec un seul véhicule.

 

La météo est bonne : froid mais avec le soleil.

 

FORMATION

Ce compte rendu précis  permet à chacun de faire un exercice de lecture de carte et de refaire  le trajet sur le terrain.

IGN-Cap70°-Point1604.jpg
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IGN-Cap70°-PetitNovard.jpg
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Compte rendu de la matinée

 

Exercice n° 1 : Choix d'un azimut.

Objectif :
du départ du parking, à gauche du point 1467, atteindre les Maisons du Bois au NW sans utiliser la route. Le matériel est prêt, carte, lunettes, boussole.

On "cale" les altimètres.

 

Exercice n° 2 : Progression avec obstacles.

Évitement d'obstacles, erreur de cap volontaire.

Après cette "mise en bouche", René propose d'atteindre les chalets situés à l'altitude 1610 m au-dessus du point 1604  à  1 km au NW. 

 

Pour ce faire, on ne va pas monter "tout dré dans les branchages au 315 " et arriver n'importe où ! On va progresser "cool" dans la clairière, en utilisant les traces déjà existantes, avec un bon soleil dans le dos.

— René recommande de faire une erreur de cap volontaire pour randonner dans de bonnes conditions. 

Le groupe va choisir un azimut au 340 dans les clairières.
 

De même, le groupe ne doit pas aller jusqu'à la porte des Maisons du Bois pour faire une "visée" depuis leurs paillassons !  Chacun doit,  par des visées inverses,  se replacer progressivement sur le cap prévu

(Bruno s'aperçoit alors qu'il a une boussole dont la partie rouge de l'aiguille indique le sud, boussole utilisée dans l'hémisphère sud ! ).

Pour faire une visée inverse, il ne faut pas changer l'affichage de l'azimut au cadran de la boussole, mais placer la partie "sud" de l'aiguille sur le repère, et non sa partie "nord", comme pour la visée directe normale.
 
— Lorsqu'on observe les Maisons du Bois au 340 -180 = 160° on continue à monter en observant le terrain et sa représentation sur la carte tout en contournant les principaux obstacles (arbres, rochers etc.).

—Arrivés à l'altitude 1610 m, c'est à dire à l'altitude des chalets constituant notre objectif, nous faisons alors cap à l'ouest sans nous servir de la boussole mais en gardant l'altimètre sur la valeur 1610 m.

 

Il nous faut faire  350 m  (1.4 cm sur la carte ) dans une bonne neige poudreuse pour atteindre les chalets.

Exercice n° 3  : Optimisation des déplacements.

Suivi sur la carte de la position du groupe sur le terrain.

Après une pause aux chalets (ne pas oublier de boire et de grignoter),

 

René nous propose de nous rendre à un chalet à l'altitude 1550 m

(sous la côte 1602 sous Les Follières).

 

Pas encore question pour René de traverser "tout dré" dans les belles ondulations neigeuses qui brillent sous le soleil ; d'une  part, pour des raisons de sécurité car ces belles ondulations peuvent cacher quelques pièges (nous sommes en zone marécageuse), mais, d'autre part, pour éviter de "massacrer" cette belle étendue qui fera le ravissement d'autres randonneurs.

 

Une trace existe qui part vers le sud-ouest. Elle nous conviendra parfaitement, mais avant de partir, il faut repérer précisément l'endroit où le chemin d'été s'enfonce dans la forêt.

 

— Aux boussoles pour faire une visée directe.

L'azimut sur la carte est sensiblement au 200°. C

hacun affiche cette valeur sur sa boussole et en faisant une visée directe, prend des repères sur le terrain pour savoir où le début du chemin se trouve.

 

Après 150 m sur la trace SW, nous trouvons une autre trace SE qui nous amène au point visé précédemment. Mais là, il y a des traces dans plusieurs directions !

Laquelle choisir ?

— Nous allons ajouter 3 certitudes à notre estime de positionnement pour confirmer notre bonne orientation :

    1) -  L'espace est dégagé, et par conséquent nous pouvons voir le chalet d'où nous sommes partis. Nous allons faire une visée inverse. Nous le voyons bien sous un angle de  200 -  180 = 20 °. 

O K

 

    2) -  Le chemin s'enfonce dans la forêt au 190°  et va au bout de 150 m s'infléchir vers la droite, "venir"  au 225°, c'est à dire au SW. 

O K

 

    3) -  Après 150 m de terrain relativement plat ou à faible pente, le chemin va descendre franchement. 

O K

          Si les choses ne se passent pas ainsi, c'est qu'il y a une erreur quelque part.

Il faut alors s'arrêter et reconsidérer sa position.

 

Nous arrivons effectivement sans erreur au chalet d'altitude 1550 m.
La Tournette surgissant progressivement des brumes semble flotter dans les airs.

Exercice n° 4  :  Pente, angle et risque avalanche.

Nous allons continuer  plus bas vers un chalet écroulé qui se trouve au SW à l'altitude  1500 m. 

 

René se pose la question que tout animateur doit se poser à la descente : quel est le risque pour le groupe, peux-t-on descendre en toute sécurité ?

 

Le BRA est de 2, risque limité. Le manteau neigeux est stabilisé sauf dans les pentes suffisamment raides

Echelle_bra.jpg
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René rappelle qu'il ne faut pas confondre la pente et l'angle.
La pente  (qui est la tangente de l'angle) se mesure en % et l'angle en degrés.

La valeur de la pente est accessible directement en divisant 50 m par la distance réelle d entre 2 courbes de 50 m    ( d  = nombre de millimètres mesuré sur la carte au 1/25 000 ème multiplié par 25 mètres). Le résultat est ensuite multiplié par 100.

La pente d'un terrain incliné à 45 ° est de 100%      ( d  = 2  mm   c'est une pente très raide ).

 

Dans le cas du terrain présent, la distance  d  sur la carte entre 2 courbes de 50 m est de 5 mm.

La pente est donc de :  ( 50 m X 100 )  /  ( 25 m X 5 ) =  ( 50 m X 100 ) / 125 m =  40 %
ce qui correspond à un angle d'environ 22 degrés.

Echelles_difficultes.jpg
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Avec un BRA de niveau 2, notre groupe de randonneurs peut donc descendre sans risque en s'espaçant normalement.

 

Exercice n° 5 : La carte est une représentation très précise . . . . . mais pas toujours à jour.

Du chalet écroulé altitude 1500 m , nous cherchons à atteindre le chalet Leitessenay au point côté 1552 où nous prendrons notre repas.

Au cours de notre progression, nous avons fait plusieursconstatations carte/terrain :

 

    1) - Parfois sur la carte, il y a des sapins épars qui sont représentés. Cela signifie que nous devrions nous trouver dans un terrain découvert, et avoir ici et là quelques épicéas ou  bosquets d'épicéas. Mais l'épicéa étant un pionnier qui colonise facilement les espaces montagnards,  il permet l'implantation d'autres essences comme par exemple les sapins, puis les hêtres. Ces implantations n'étant pas mises à jour par l'IGN, on trouvera à la place de nos arbres éparts . . . . . une forêt. Cela trompera l'animateur qui n'aura pas évalué correctement les distances et croira  être arrivé à la lisière d'un bois indiqué sur la carte. Celui-ci perdra alors  ses repères.
 

    2) - Le piège inverse se produit également souvent. Aujourd'hui, sur un terrain que nous traversons,  à la place de la zone boisée . . . .  il y a une grande clairière car il y a eu une coupe.

 

    3) - La carte est une représentation, où tout ce qui se trouve sur le terrain n'est pas reporté. Les détails de dimensions inférieurs à 10 m non remarquables ne sont pas sur la carte.  Ou, encore, un ruissellement a pu creuser la terre de plusieurs mètres depuis l'établissement de celle-ci. Nous avons été obligés de traverser un tel creux avant d'arriver au chalet écroulé. Il n'était pas indiqué sur la carte et beaucoup  d'arbres avaient poussés tout au long de cet écoulement.

Du chalet écroulé, nous décidons de ne point descendre, mais de remonter de quelques dizaines de mètres pour ensuite suivre la courbe de niveau 1530 m vers l'ouest et être certain de couper un chemin indiqué sur la carte. Nous le coupons effectivement sous un de ses virages remarquables vers 1540 m et nous faisons une pause au soleil, dans la forêt,  sous des arbres . . . . qui n'existent plus !


Le chemin est sans traces, immaculé, brillant au soleil et nous choisissons de le descendre facilement jusqu'à une bifurcation à  l'altitude 1500 m plutôt que de progresser dans un terrain pentu assez difficile en restant à la même altitude.

 

A la bifur, on trouve et prend un sentier nord pour remonter au point 1552 où se trouve le chalet Leitessenay. A 1535 m, on trouve un beau petit chalet assez récent, mais à 1550 m, rien, que nenni. On insiste dans les creux et les bosses bien enneigés, pas de chalet. On remarque que la petite clairière de la carte est maintenant une sapinière avec des arbres jeunes. Une fois encore, la carte ne correspond pas à la réalité et, l'été,  nous aurions sans doute trouvé des traces  de l'ancien chalet, mais l'hiver ces traces sont invisibles. D'ou l'importance d'avoir recalé nos altimètres à la bifur 1500 m et d'être sûr de leurs indications.

 

Nous revenons au petit chalet pour manger au soleil  bien abrités avec une vue sur les Aravis et  le Sulens.

 

Bon appétit !

Compte rendu de l'après midi

 

Exercice n° 6 : Descente d'un groupe en zone pentue.

Après le repas, nous progressons facilement vers l'ouest par un chemin tracé et remontons à 1570 m dans une clairière dans le 70 ° du point côté 1470 au col devant le Petit Novard

 

Un groupe d'une quinzaine de personnes pèse plus d'une tonne et peut, localement, dans des pentes moyennes ou raides, même de faible importance, déclancher une coulée par BRA de niveau 2.  Une  telle  coulée, projetant tout le groupe dans les arbres peut provoquer des blessures graves.

 

René nous fait faire un exercice de sécurité dans la pente qui consiste à appliquer 3 règles principales connues que tous les animateurs du TPA devraient s'imprimer dans la tête. 
 

Lorsqu'ils sont en haut d'une pente avec un groupe, avant de s'engager dans la descente, ils doivent :

 

   1) - Se poser la question : quel est le risque annoncé ? Là, il ne s'agit pas de lire dans la boule de glace ou de cristal, il faut avoir pris connaissance du BRA le matin avant de partir et donc, connaître le niveau du  risque (Téléphoner à Janic ou René ou voir le site TPA).
Ensuite, il faut connaître la pente sur laquelle on engage le groupe, et pour cela, il faut une carte et savoir mesurer la pente sur cette carte et être capable de renoncer au moindre risque et de trouver un autre chemin sans ce risque.
     Le TPA n'autorise pas les animateurs à encadrer des sorties programmées lorsque le BRA est supérieur  au niveau 3, mais les risques niveaux 3 et 2  ne sont pas exempts de risques qu"il faut toujous apprécier.

 

    2) - Laisser une distance d'au moins 50 m entre chaque randonneur, d'une part, pour diminuer la surcharge du manteau neigeux et, d'autre part, pour limiter au maximum le nombre de personnes emportées en cas d'avalanche.

 

    3) - Pendant la descente, aucun randonneur ne doit se trouver, lors de sa progression, dans la trajectoire d'une coulée éventuelle que pourrait provoquer un autre randonneur situé au-dessus de lui. Lorsqu'un randonneur s'arrête, les autres ne doivent pas se regrouper en pleine pente mais garder leurs distances entre eux. Si un regroupement est nécessaire, le faire dans une zone sans risque, hors de portée d'une coulée possible. Toujours évaluer les conséquences immédiates que pourraient provoquer une coulée dans la configuration présente du terrain  (barres rocheuses, talweg, arbres ou rochers en dessous, barbelés etc. ).

Après cette descente nous arrivons aux chalets du col du Petit Novard au point côté 1470.

 

Exercice n° 7  :  Boucle en utilisant les sentiers de la carte.

L'hiver, la neige recouvre les sentiers qui deviennent invisibles. La hauteur de neige rend les branches plus basses et celles-ci gênent parfois le cheminement. Une pancarte , une trouée dans les arbres, une zone plane linéaire, seront des indices précieux pour "rafraîchir" l'estime et déceler l'existence d'un sentier.

Premier objectif : le point côté 1529 du chalet Colomban 'en bas.
Le sentier part presque au nord, au 20° sur la ligne de niveau 1470 m et nous devons atteindre une bifurcation après 300 m de sentier horizontal. Là, nous prendrons un chemin à droite qui monte au NE vers le chalet et nous déboucherons dans l'alpage  rapidement après 75 m de marche. Ensuite, nous marcherons à vue jusqu'au chalet pour une pause boissons.

Deuxième objectif :
Des traces nous ont aidé, mais à partir du chalet, il n'y a plus de traces vers le sentier choisi. Nous allons prendre une trace qui entre dans la forêt à une altitude supérieure à celle de notre chemin (erreur volontaire). Le point côté 1529 nous permet de connaître précisément notre altitude qui est de 1540 m et, à l'orée de la forêt, nous allons descendre et "intercepter" notre chemin qui se trouve à l'altitude 1530 m. Celui-ci  descend ensuite très légèrement à 1520 m vers le SW, puis s'oriente progressivement vers le S sur notre gauche puis vers le SE pour déboucher dans l'alpage à la hauteur où nous avons fait notre exercice de sécurité en descente.

 

Exercice n° 8  :  opération  cap  au  70  degrés.

 

René décide alors de faire " tomber le brouillard ".

On est censé ne plus rien y voir.

 

Nous sommes à 1540 m et il nous faut, pour rentrer en toute sécurité, remonter vers 2 petits chalets  qui se trouvent  dans  l'azimut 70° à 1650 m au-dessus des mots : les Follières de la carte IGN.

 

De là, nous pourrons facilement rejoindre les Maisons des Bois par la route de ce matin (Notion d'itinéraire de secours).

 

La route, "tout dré", passe devant un chalet, puis traverse une zone boisée sur 250 m, pas trop pentue, au-dessus d'un talweg peu marqué avec des lignes de niveaux à peine tourmentée.

 

Après, c'est tout bon  en zone dégagée.


Visée inverse, visée directe etc., on passe devant le chalet prévu. . . . et on entre dans la zone boisée à l'endroit prévu.

Mais là, les choses se compliquent car les branches sont nombreuses et assez basses. La progression devient difficile.
 

Altitude 1570 m. René, à force des mollets, décide de remonter N à l'altitude 1610 pour sortir de ce "guêpier" en rejoignant la clairière au plus court.

Commentaires à l'arrière, rigolades, les oreilles de René sifflent,  l'opération cap au 70° est rentrée dans l'histoire du TPA.

 

Il est utile  d'expérimenter ce genre de situation entre solides animateurs plutôt qu'avec un groupe de 40 participants de niveau 1 à sa suite.

 

Avec des participants moins sportifs,  il eut fallu  prendre un cap "plus nord" au 64°, en espace dégagé, jusqu'à l'altitude  1610 m pour éviter la zone boisée, et ensuite  prendre un cap au 75° pour retrouver nos  2 chalets.

 

Après coup, il est toujours facile de refaire l'histoire, mais il est certain, que ce type de travail donne à l'animateur l'expérience qu'un seul cours théorique ne peut lui donner et montre qu'il est indispensable de se frotter à la réalité de la randonnée hivernale.

 

Exercice n° 9 : Encore un "atterrissage".

 

Le brouillard est tombé.  Nous suivons de loin l'orée du bois à notre gauche, cap 70°/ 75°.  Nous sommes bientôt à l'altitude maximale de 1640 m. Les  chalets précisés ci-dessus sont en vue. Puis nous dépassons l'alignement des 2 chalets  qui nous donne une indication de positionnement. Lorsque les chalets sont vus au NW, nous pouvons descendre dans le bois, au sud, pour atteindre le chalet côté 1602 où nous ferons un pause boissons. La vue est belle et les skieurs dévalent les pistes de Merdassier gros comme des petites fourmies.
 

Exercice n° 10  : Toujours  un "atterrissage".

 

A l'altitude 1560 m, sensiblement à l'altitude du chalet vu ce matin, nous trouvons un sentier SE indiqué sur la carte et descendant jusqu'à la courbe de niveau 1540 m qu'il suit jusqu'à une bifur avec des panneaux  (voir carte et photo) mais après cette bifur, le chemin (non porté sur la carte), remonte nettement. Il est indiqué 36, circuit des Frettes de Colomban, Plateau de Beauregard. Cela veut dire qu'il va remonter loin et qu'il ne va pas dans la direction souhaitable.
A l'altitude 1585 m, nous observons sur notre gauche un talweg dégagé qui descend en pleine neige au SE vers la route montant aux Maisons du Bois. La pente de ce talweg augmente vers la fin avec une arrivée assez raide dans des grands arbres qui aboutit à un sentier E, balisé,  qui nous permettra de rejoindre le parking situé à 500 m de là.
 

Une bonne journée, pleine d'expériences enrichissantes. Reste à Pierre à travailler encore pour nous ramener à bon port à Annecy par la route sinueuse de Manigod, celle encombrée de Thônes, pour laisser René à Bluffy puis pour rentrer chez lui à Sallenôves.

 

Pas facile la vie d'animateur !

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